À 22 ans, Édouard Maillet est responsable d’un groupe de jeunes identitaires flamands dans le nord de la France. Activités culturelles et coups de poing médiatiques sont pour lui la meilleure combinaison pour diffuser ses idées. Une de ses sources d’inspiration : le mouvement néofasciste italien CasaPound.


 

Édouard Maillet (photo Myriam Lemétayer)

144 rue Flament-Reboux, Lambersart, dans le département du Nord. Un haut portail masque l’entrée de la Maison flamande, le siège des identitaires nordistes. Oriflammes ornées de lions, symboles des croisés, meubles massifs et fresques guerrières… Le décor prétend représenter un bistro typique. Depuis sa création en 2008, la Vlaams Huis est le repère d’Édouard Maillet, 22 ans.

« On est chez nous »

Membre des Jeunesses identitaires de Lille depuis six ans, il s’en sépare en 2010 et fonde Opstaan, un groupe qui a rapidement fait parler de lui dans la métropole lilloise. Opstaan signifie se lever,  se mettre debout en néerlandais. Mot d’ordre : « On n’a pas à baisser la tête » ou encore « on est chez nous ». Quand il commence à militer, adolescent, il est moins question de la Flandre que d’un engagement « anti-racailles », en référence aux jeunes de banlieue. Son « enracinement flamand », comme il dit, se serait peu à peu affirmé comme une évidence. « C’est un retour aux sources contre l’identité actuelle, générale, républicaine… »

FAIRE DES VAGUES

« Identité républicaine ». Le terme semble lui écorcher les lèvres. Il le lâche encore lorsqu’il évoque ses parents « plutôt républicains ». Médecins, ceux-ci voient son engagement d’un mauvais œil. « Pour eux, il ne faudrait pas faire de vagues. » Peine perdue. Antoine, frère aîné d’Édouard et ancien leader des Jeunesses identitaires, a été condamné à dix mois de prison avec sursis en novembre 2009 pour sa participation à une agression violente contre des lycéens. Sans doute une expédition punitive, selon la justice. Dans cette affaire, Édouard a passé 60 heures en garde à vue. Il a toujours nié être présent sur les lieux et a fait appel de sa condamnation pour complicité.

« Racailles partout, justice nulle part »

Depuis, son frère s’est retiré de la politique. Édouard, lui, est monté en première ligne. Opstaan multiplie les actions polémiques, que ce soit en appelant à un rassemblement devant le palais de justice de Lille sous le slogan « Racailles partout, justice nulle part », ou en manifestant pour « libérer Steenvoorde » (une petite commune du Nord) d’un supposé « camp de clandestins ». Il s’amuse des remous provoqués : « L’extrême gauche nous fait une pub pas possible. On lève le petit doigt et ils réagissent ».

« ALTERMONDIALISTE DE DROITE »

Édouard Maillet cherche à faire grandir l’influence de la Vlaams Huis et d’Opstaan dans la région. Il s’inspire largement du travail militant de CasaPound, un mouvement néofasciste italien. « CasaPound est un peu devenu le cœur de l’altermondialisme de droite, la référence que tout le monde essaie plus ou moins de copier ».

« On est le syndicat d’une grande partie de la jeunesse »

En mars 2010, Édouard et un ami ont passé quatre jours au siège de CasaPound, à Rome, pour rencontrer d’autres nationalistes. Il est revenu impressionné par l’organisation du mouvement. « On se rend compte que c’est par la culture et les actions coups de poing qu’on fait passer les idées, qu’on influe sur la société. C’est une façon de voir la politique qui m’a marqué, et qui a marqué aussi les gens de la Maison quand je leur ai raconté. » Il tente désormais d’appliquer la recette CasaPound dans le Nord-Pas-de-Calais, persuadé de la justesse de sa cause. « On est le syndicat d’une grande partie de la jeunesse. On n’est pas des sous-citoyens, on est les meilleurs alliés de la démocratie car on crée le débat. »

 

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